LesSilenCiel

20 septembre 2017

Certains jours , il me vient l'envie d'un envol

Certains jours , il me vient l'envie d'un envol

Lorsque je serais lasse du gris de notre monde ,
n’y trouvant plus de Ciel pour porter mon exil ,
que les mots m’useront et qu’ivre de faconde ,
chaque heure aura en elle la mémoire de mon Il .

Lorsque mes ailes pleines de fange et de larmes 
peineront à l’Ether mener mes pauvres rêves ,
lorsque mon esprit las ne verra plus de charme 
dans l'affection des miens et l'aube qui se lève .

Si mon sourire un jour face au laid capitule 
et que mon âme enfin ici bas se résigne 
à une vie sans foi de serein ridicule 
à une vie sans joie aveugle de Ses signes .

Je te demande , ami , d’accepter mon envol 
Si jamais avant l'heure je rentre à la maison .

Vassillia Shagurin 
( A M. )
20 septembre 2016

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30 août 2017

Comptine de l'automne pour l'enfant qui dort au ciel

La pluie frappe au carreau sur le front de ma chambre 
à qui les feuilles mortes font des signes affolés ;
un petit monde étrange de hardes qui se tremblent 
 réclame en pleurant l’asile d’un foyer .

Sur les bras vigoureux des arbres centenaires ,
des écureuils inquiets s’affairent en couinant ;
leurs yeux roulant du ciel de couleur de colère 
à leur gîte apprêté jusqu'au prochain printemps .

Des gerbes de nuages s’assemblent en panache ,
et les chemins se vêtent d’un liseré de roux ,
les chênes résignés de leurs ors se détachent ,
l'automne est déjà là , emperlé de ses houx .

La montagne s’endort aux genoux des hameaux 
et ses hanches éteintes par un soleil fané
voit des coulées de bêtes descendre en troupeaux 
 et les naseaux des mas expirer leurs nuées .

Vassillia Shagurin 
Illustration : La Montagne Noire en automne

 

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29 août 2017

La dernière heure de la pauvresse

La dernière heure de la pauvresse

A l’angle de la tombe où dormira mon corps ,
le saint feu d’une lampe t’ouvrira le chemin ;
pavé d’étoiles amies et sous un sycomore 
en tenue des grands soirs je te tendrais la main .

Je tiendrais tout entier dans la flamme lascive 
au seuil du trépas qui te rendra à moi 
me dupliquant pour toi en mille éclats de vive ,
pour que tu n’ais pas peur quand tu t'endormiras .

Les astres en brillants te feront le cortège 
qu’ici bas la misère refusât à tes noces ;
l’âme vêtue de feu par un minuit de neige ,
ne tremble plus ma mie de l’idée de la fosse .

Deux branches de sapin pour apparier ta couche 
à mon grabat rendu à son dessein nuptial 
et reposer tes reins du servage farouche ;
un suaire de feuilles magnifiant ton front pâle .

Vassillia Shagurin

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A l'aimée qui dort dans la pierre

A l'aimée qui dort dans la pierre

J’oindrai la pierre fade de myrrhe et d’amour 
pour voir de son cou saillir la veine vive ,
et s’éveiller la vie enfin sur ses traits gourds 
qui s’iront contenter mes sens en dérive .

Mal gens qui riez de mon besoin mortel 
d’évader de l’inerte les reliefs aimés ,
quand orphelins de peau et de l'état sensuel 
 vous subirez l'absence et sa pleine arduité .

Vassillia Shagurin

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26 août 2017

L'enfant les nuits d'hiver .

Et des gerbes d’ajoncs pour allumer le soir ,
des angles morts où gîtent les monstres de l’antan ,
et sur un banc de craie l’aïeule tout de noir 
 qui égrène des contes à son rouet filant .

Attentive à la toux du vieux poële d’acier 
 dont mes petons meurtris mendient la douce grâce 
bercée par les prières de la bûche rongée ,
le feu jetant ses ors sur les cuivres et les glaces .

Frileuse , j’imaginais derrière notre porte 
l’errance solitaire d’un loup luttant au froid 
qui sous mon édredon s’invitait à ma honte ,
à peur et charité , déchiquetant ma foi .

Il fallait disait t’il , le curé de sa chaire ,
savoir qu’ici bas tout est l’œuvre de Dieu !
Je pensais malgré moi aux bêtes pestifères
nées de l’esprit d’un Ciel pour une vie de gueux .

La neige qui grinçait , aux étoiles stoïques ,
mes hivers d’enfant blottie contre mon chien ,
cueillait l’aube de lait apaisant mes paniques 
qui s’en venaient buter à l’orée du matin .

Vassillia Shagurin

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L'étoiâme

Les étoiles , ce soir , sont de grand millésime .
Est-ce vous mon amour qui faîtes leur valeur ?
Etes vous l’une d’elle , la résurgence ultime 
semée pour me veiller dans le vide des heures ?

Tel un œil vif argent et penché sur mon âme 
dont l’éclat pâle enfreint ce que je n’ai pas dit ,
Il semble que la nuit ma reddition réclame ,
ce que je ne puis faire sans y laisser ma vie .

Vous fûtes ma raison d’exister en ce monde ,
d’en supporter l’infâme et la sublime ordure ;
je puisais en vos bras l’antidote à l’immonde ,
êtes vous de ce ciel bijouté et obscur ?

Ne me reste de vous qu'un bonheur poché ,
un corps que l'on couche dans la chair d'un val 
et le souhait d'une étoile où votre esprit pansé 
aurait trouvé l'asile et me serait loyal .

Vassillia Shagurin

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18 août 2017

A Nona alanguie sur qui les anges veillent .

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A Nona alanguie sur qui les anges veillent .

De Nona alanguie le jour épiait les charmes ,
Quand paupières mi closes la belle s’éveillait ,
Comme accouchée d’une heure sans peur et sans alarme 
d'une aube vierge et large , hommage à sa beauté .

Les premiers rais mêlés à la grâce des Laudes ,
Sur ses chairs amollies ranimaient le printemps ;
Le feu d'âme prenait dans ses prunelles chaudes ,
Pour investir entier le champ de ses 20 ans .

Et le fard de ses joues montait dans ses cheveux ,
Où le miel et la rouille disputaient au châtain 
le droit de couronner mon bien le plus précieux ,
le soin de rendre beau l'objet de mon chagrin .

Elle avait une peau au grain doux de lumière 
sur laquelle le jour n'entrait pas sans frapper 
aimant de l'astre roi les désertions austères 
la laissant en répit contre un mur à rêver .

Vassillia Shagurin 
A l'heure où ma vie est Envol et Eveil 
ces premiers mots d'amour sous séquestre de plume ...
A ma fille . A Illona

15 août 2017

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Notre-Dame des Cimes

Notre-Dame des Cimes

Elle a le flanc rond comme ceux des gestantes 
Qui mollement ondulent sur les veines du mont ,
Irriguant de douceur les chemins et les sentes ,
Un enfant dans le sein un autre au giron .

Au fond de ses yeux pers des forêts ancestrales 
Où des rythmes païens s’accordent à la pluie ,
Cachent des puits de fées à la mémoire orale ,
des légendes anciennes , les sources de la vie .

Elle maîtrise le verbe de l’orage et du vent 
Et du hêtre sait tout de sa vie intérieure .
Si j’essaie de l’aimer elle s’habille de blanc 
Convoquant de l’hiver les cruelles rigueurs .

Je sais ses lèvres closes sur le cri et l’absence ,
ses abcès et silences qui crèvent en tempêtes ;
la foi en la montagne et sa sainte violence 
quand qui heureux et las , je rêve sur ses crêtes .

Vassillia Shagurin

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Il était une vieille , il était une foi

Il était une vieille , il était une foi

Le porche de l’église fut lisière d’un monde ,
l’entrée sur le mystère du jour et de la nuit 
où l’enfant que j’étais délaissait sa faconde ,
imaginant que l’ombre abritait des génies .

Des vieilles au cuir usé s’y rendaient à confesse ,
que j’observais cachée d’un tilleul ami ,
sur la place où la croix figée dans son aînesse ,
couvait comme une mère les tués à l’ennemi .

Le midi les voyait profitant de la sieste ,
Menues dans les atours pareilles à des souris ,
Couler dans le sacré de ce vaisseau modeste 
pour y dire leurs peines au lointain des maris .

Et martelant la dalle elles remontaient la nef ,
Leurs sabots blonds troublant la tristesse des lieux ,
Leurs petits yeux fouillant les vices du relief 
sous le regard doux d'une haie de gens pieux .

Tous les chemins de peau qui leur faisaient des rides 
étaient alors comblés devant l'évocation 
de leurs noces du temps où leur âme candide 
sur les lèvres aimées cherchait l'inclination .

C'est ainsi que leurs mains rencontraient les bougies 
et qu'un appel étrange amenait la caresse ,
sur les langues de feu elles posaient leurs soucis 
et leurs chagrins brûlaient unis aux chants de messe .

La cloche les tançaient , les tirant au réel 
et l'ombre bienfaisante les rejetait aux champs ,
aux corvées , aux époux , au servage femelle ,
aux mains d'un sort obscur éclairé par l'Ardent .

Vassillia Shagurin

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A l'août à l'heure molle ...

En août à l'heure molle ...

En août à l’heure molle où les bêtes vont boire 
Et que l’astre-Dieu choit sous le La des grillons ,
Elle ôte son fichu pour communier au soir ,
Devant la joie des hommes qui rentrent en chansons .


Elle pose sa menotte sur la chair des mas ,
Les pierres des maisons où vivent les bergers ;
Un peu de clarté chaude comme un cœur qui bat 
Y vit entre un lézard et un perron discret .

Un olivier plastronne contre ses reins meurtris 
Qu’elle offre au repos au vieil arbre à tourments ;
Le jour plisse des yeux délivrant son esprit 
En août à l’heure molle où le ciel est de sang .

Vassillia Shagurin

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