LesSilenCiel

18 août 2017

A Nona alanguie sur qui les anges veillent .

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A Nona alanguie sur qui les anges veillent .

De Nona alanguie le jour épiait les charmes ,
Quand paupières mi closes la belle s’éveillait ,
Comme accouchée d’une heure sans peur et sans alarme 
d'une aube vierge et large , hommage à sa beauté .

Les premiers rais mêlés à la grâce des Laudes ,
Sur ses chairs amollies ranimaient le printemps ;
Le feu d'âme prenait dans ses prunelles chaudes ,
Pour investir entier le champ de ses 20 ans .

Et le fard de ses joues montait dans ses cheveux ,
Où le miel et la rouille disputaient au châtain 
le droit de couronner mon bien le plus précieux ,
le soin de rendre beau l'objet de mon chagrin .

Elle avait une peau au grain doux de lumière 
sur laquelle le jour n'entrait pas sans frapper 
aimant de l'astre roi les désertions austères 
la laissant en répit contre un mur à rêver .

Vassillia Shagurin 
A l'heure où ma vie est Envol et Eveil 
ces premiers mots d'amour sous séquestre de plume ...
A ma fille . A Illona

15 août 2017

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Notre-Dame des Cimes

Notre-Dame des Cimes

Elle a le flanc rond comme ceux des gestantes 
Qui mollement ondulent sur les veines du mont ,
Irriguant de douceur les chemins et les sentes ,
Un enfant dans le sein un autre au giron .

Au fond de ses yeux pers des forêts ancestrales 
Où des rythmes païens s’accordent à la pluie ,
Cachent des puits de fées à la mémoire orale ,
des légendes anciennes , les sources de la vie .

Elle maîtrise le verbe de l’orage et du vent 
Et du hêtre sait tout de sa vie intérieure .
Si j’essaie de l’aimer elle s’habille de blanc 
Convoquant de l’hiver les cruelles rigueurs .

Je sais ses lèvres closes sur le cri et l’absence ,
ses abcès et silences qui crèvent en tempêtes ;
la foi en la montagne et sa sainte violence 
quand qui heureux et las , je rêve sur ses crêtes .

Vassillia Shagurin

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Posté par Vassillia S81 à 12:49 - Commentaires [0] - Permalien [#]

Il était une vieille , il était une foi

Il était une vieille , il était une foi

Le porche de l’église fut lisière d’un monde ,
l’entrée sur le mystère du jour et de la nuit 
où l’enfant que j’étais délaissait sa faconde ,
imaginant que l’ombre abritait des génies .

Des vieilles au cuir usé s’y rendaient à confesse ,
que j’observais cachée d’un tilleul ami ,
sur la place où la croix figée dans son aînesse ,
couvait comme une mère les tués à l’ennemi .

Le midi les voyait profitant de la sieste ,
Menues dans les atours pareilles à des souris ,
Couler dans le sacré de ce vaisseau modeste 
pour y dire leurs peines au lointain des maris .

Et martelant la dalle elles remontaient la nef ,
Leurs sabots blonds troublant la tristesse des lieux ,
Leurs petits yeux fouillant les vices du relief 
sous le regard doux d'une haie de gens pieux .

Tous les chemins de peau qui leur faisaient des rides 
étaient alors comblés devant l'évocation 
de leurs noces du temps où leur âme candide 
sur les lèvres aimées cherchait l'inclination .

C'est ainsi que leurs mains rencontraient les bougies 
et qu'un appel étrange amenait la caresse ,
sur les langues de feu elles posaient leurs soucis 
et leurs chagrins brûlaient unis aux chants de messe .

La cloche les tançaient , les tirant au réel 
et l'ombre bienfaisante les rejetait aux champs ,
aux corvées , aux époux , au servage femelle ,
aux mains d'un sort obscur éclairé par l'Ardent .

Vassillia Shagurin

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A l'août à l'heure molle ...

En août à l'heure molle ...

En août à l’heure molle où les bêtes vont boire 
Et que l’astre-Dieu choit sous le La des grillons ,
Elle ôte son fichu pour communier au soir ,
Devant la joie des hommes qui rentrent en chansons .


Elle pose sa menotte sur la chair des mas ,
Les pierres des maisons où vivent les bergers ;
Un peu de clarté chaude comme un cœur qui bat 
Y vit entre un lézard et un perron discret .

Un olivier plastronne contre ses reins meurtris 
Qu’elle offre au repos au vieil arbre à tourments ;
Le jour plisse des yeux délivrant son esprit 
En août à l’heure molle où le ciel est de sang .

Vassillia Shagurin

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15 août 2017

Les fanaux de la mémoire ( sans savoir s'ils éclairent le passé ou l'avenir )

Il pleut . Je ne sais pas si vous avez remarqué mais , en ce temps là , il pleuvait toujours pour les rentrées scolaires .

Une pluie serrée , un ruissellement de langueur qui pisse durant des semaines et racornit jusqu’à la joie

Je dois remonter la rue et présenter les honneurs à une armée de platanes pour arriver au collège .

J’ai dix ans et demi , des chaussures estivales et mon cartable élimé de l’an dernier et de l’an  d’avant .

Par le jeu des volontés d’académie qui prêchent la mixité sociale , j’entre dans un collège huppé .

Je suis pauvre parmi les bourgeois .

Une étoile jaune en appelle une autre .

Tout le monde sait , pour la croiser dans des attitudes plus que minables , que ma mère est alcoolique . Nymphomane peut-être .

Ma faute est simplement d’être sa fille et je le paie très cher .

J’aime la gymnastique . Je ne m’en souvenais pas mais j’étais même douée bien que les tenues près du corps me créaient une gêne née d’une honte de moi .

Au gymnase , l’une des filles les plus virulentes à mon égard s’approche de moi et d’un air contrit , me souhaite bien du courage . Elle vient d’apprendre , me dit t’elle , que ma mère est atteinte du sida .

Le problème … est que ma mère n’est pas malade . Seulement en proie à l’un de ses amaigrissements spectaculaires qui succèdent à chaque suspicion de grossesse , à chacune de ses gestations remarquables et remarquées avant que , sans hospitalisation , le fruit de ses entrailles ouvertes au public ne disparaisse comme par une magie malsaine et lourde de questions .

A la maison , depuis peu , je suis victime d’attouchements sexuels , stigmates d’une misère sociale , intellectuelle et spirituelle .

Au collège , un pedigree pauvre et un strabisme non corrigé font de moi , le catharsis des vices de ces enfants qui n’en sont plus .

J’ai parlé aux services sociaux . Ma famille subodore ou sait et de tout ces gens que l’on me présente comme supérieurs en âge , maturité , expérience … tous ces gens là se taisent , se coulant dans l’indignité de la complicité .

Jamais je n’ai mesuré la si légèreté de la parole …sitôt dite et sitôt oubliée .

J’assiste au premier cours de catéchisme obligatoire .

Je sens que Dieu peut devenir ce père qui me fait défaut ici bas et qui sait , un ami mais monsieur le sacristain est fort contrarié que je maintienne qu’Adam et Eve ne peuvent être les premiers êtres terrestres puisque la réalité de l’existence des dinosaures est prouvée .

Il me conseille de rester chez moi . J’obtempère , consciente qu’être trop réfléchie là où l’on me demande seulement de croire est ….un crime de lèse-déité .

Je vais donc à l’église en catimini , lorsque je sèche les cours .

Je suis certaine de n’y jamais trouver l’un de ma famille car tous sont des païens désinstruits et sans curiosité pour la chose divine .

L’intérieur de la cathédrale est semblable à un ventre mais qui serait paternel . L’humidité y suinte comme autant de larmes qui profiteraient de la pénombre pour couler . Les bougies dansent au mépris du décor éteint et sinistre .

Je prie toujours devant la statue de Notre-Dame .

Son visage est bienveillant et qui plus qu’une mère peut comprendre la douleur d’un enfant ?

J’y suis rentrée pour la première fois à l’âge de 12 ans .

Fille oubliée , malaimée , entre le viol quotidien de mon intégrité physique et morale et la maltraitance de mes camarades , la peur que mon beau-père ne tue ma mère au cours de l’une de leurs joutes alcooliques réglées au couteau , j’avais décidé de mourir et de me suicider , ne pouvant supporter l’idée de survivre à la mort prévisible des miens .

J’avais décidé sitôt quittée l’église d’aller me jeter dans la rivière et je venais par avance demander pardon et la grâce des miens .

Fallait t’il que je sois désespérée ce jour là car je ne sais pas nager et nourris une phobie totale de l’eau .

Je me suis assise au pied de la colonne qui soutient Notre-Dame . C’était un jour gris où la pluie dessine des oh sur des flaques couleur d’acier .

Je me suis mise à prier comme seuls savent le faire ceux qui ont tout perdu et ne croient plus qu’une seule seconde de joie leur soit consentie .

C’est alors qu’un rai de lumière est venu cogner le visage de Marie et qu’elle paraît avoir souri .

Je me suis levée d’un bond , épouvantée ….

J’ai mis plus de dix ans à oser pénêtrer de nouveau dans une église et dans celle-ci en particulier .

Tout ce que je sais c’est la certitude ressentie alors qu’il n’arriverait rien de fatal aux miens et qu’il me fallait vivre la situation proposée .

Un comble alors que je vivais le pire à l’intérieur comme à l’extérieur .

Le monstre n’a pas tué physiquement  ma mère et n’a tué ni mes frères ni ma sœur .   

J’ai moi , grandi en foi sans jamais osé dire ma mésaventure .

J’ai consulté , toute ma vie , psychiatres , psychologues et autres archéologues de l’âme pour me rassurer sur ma normalité et j’en conclus au milieu de ma vie , que je suis tout ce qu’il y a de plus sain et de résilient dans une famille et un contexte qui aurait du me faire sombrer en folie .

La trop grande laideur de mon enfance et la suite non moins tragique de ma vie de femme et mère ne m’ont jamais donner l’envie d’enjoliver ce qui demeure pénible et douloureux .

Je me défends d’une quelconque élection .

Je dis simplement que sans l’amour du Père , d’une Energie que je ressens aussi fortement au dessus de ma tête qu’en moi , je serais morte aujourd’hui .

 

Vassillia Shagurin 

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25 juillet 2017

Clair de soir

De l’écorce des pierres toutes peintes de nuit 
aux soupirs étouffés du grain qui fait les mas ,
des rues tendues d’ormeaux qui meurent sur des puits ,
des chemins affolés qui courent aux abois

Fusent

Plaintes ou prières , mi perdues mi ardentes 
de ces dames de plumes , de ces bijoux de ruines ,
coquettes à grands toits et duègnes à charpentes ,
nourrices du couchant , de tout ce qui s'anime .

Et haut dans les ramures de seigneurs vaincus ,
craquettent des galants dans l'attente du pire ,
musiciens invisibles qui la soif venue 
supplient sous les auvents que cesse leur martyr .

La molle brune étend sur mon petit village ,
des heures de répit sur d'autres d'incendie ,
faisant les petits maîtres des entours et parages
repaissant les gosiers et ramenant la vie .

Vassillia Shagurin
Lundi 25 juillet 2016
Illustration : Village d'hautpoul ( Mazamet )

L’image contient peut-être : plein air

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20 juillet 2017

Le coquelicot

Dans sa fragile fraise , bohémienne des près ,
mêlée aux épis d’ambre dans les vals jolis ,
taquinée par le vent et parée de gaîté ,
contenez votre pas pour l’observer ma mie .

Bijou frêle et modeste aux antiques campagnes ,
ornement de prairie veillant sur les troupeaux ,
ébrouant ses soieries sous la risée des cagnes ,
ne riez pas de l' humble sertie dans son bliaud .

Il en faut du courage pour rester authentique
et pour n’être que belle pour un temps éphémère .
II faut de la noblesse aux simples pathétiques 
pour accepter de n'être que servant de lumière .

Vassillia Shagurin

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L'Evangile selon l'arbre

L’unique sagesse en laquelle mes sens croient ,
amoindris et tronqués , est bien la foi de l’arbre ;
qui dit au sage comme au sot et par l’image ,
ce qu’était leur vie , ce qu’elle est et sera .

Du mystère gestant aux abysses initiaux 
 et du grain jusqu’à l’homme , de la cellule au fruit ,
moulu par les saisons , sculpté par joies et drames ,
de son aube à son soir , le Crée croît et vit .

Et la feuille épuisée d’avoir rempli sa part ,
sa chute arrondie dessinant un jupon ,
une pluie de joliesse à l’arbre vénérable 
fait un suaire au chemin valant résurrection .

Vassillia Shagurin

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Posté par Vassillia S81 à 15:43 - Commentaires [0] - Permalien [#]

Maman mourra en automne

J’ai quitté l’atonie du temps .

Maman mourra en automne .
Il n’y a plus d’altérité entre les cris .
Le verbe du grillon élu entre les bruits 
que fait le temps frayant entre les cycles 
reste à tout jamais de l’août la signature .
J’ai mal à mon enfance et mon cri bée sur rien ;
ce rien qui témoigne de notre vie broyée 
sous le pas des ans et des saisons .
Il bat un cœur fol sous l’épais de l’armure .
Je fais de petits tas comme ça 
avec les mains que j’avais encore fille ,
de tout ce que j’aurais dû dire et ne lui dirais pas 
parce que le marbre est sourd à la tendresse .
La mort est l’Architecte et le Juge

Redevenue plus courte que les têtes du blé ,
je traverse une dernière fois nos silences 
A-t-elle su que je l’aimais 
l’éthérée et l’absente ?
j’ai tant parlé en esquivant l’essentiel !
Rendue aux champs immenses qui tiennent l’horizon 
et l’avenir à distance et leurs quand et leurs si ,
face à l’enfant que j’étais ...
Maman mourra en automne 
et les foins embaumeront le soir comme avant 
les hommes ivres contre les vignes capiteuses 
graveront le décor de ce dernier adieu .
La nuit poindra derrière le vieux clocher de schiste 
 et les étoiles écloront sur mes lèvres taiseuses .

Vassillia Shagurin

Jeudi 20 Juillet 2017

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18 juillet 2017

Mardi 18 Juillet 2017

18 juillet 2017: Onzième  anniversaire de Vassilli

Je crois à la simplicité des mots pour dire je t’aime aussi , en ce jour si particulier dont la réalité poreuse ravive un mal jamais dompté , je veux que tu saches que je t’aime , ou que tu sois et que je ne t’oublie pas .
J’ignorais qu’à une enfance sans joie , il me faudrait vivre par deux fois , l’immonde douleur de perdre l’être le plus sacré aux yeux d’une femme et d’une mère , j’ignorais qu’il me faudrait passer par tant de souffrance pour grandir et devenir celle que je crois être devenue : quelqu’un de bien .
Je ne sais pas si ton père aura , aujourd’hui vers toi , une pensée .Je m’interdis désormais de le vouer aux Enfers . J’ai pardonné , j’ai pansé mes blessures de femme condamnée à l’ombre , au silence pour que tu puisses jouir d’un repos sans nuage .
J’ai même pardonné à la vie de m’avoir fracassée contre terre .
Faut t’il que j’ai parcouru l’Enfer pour être devenue bonne enfin .
Il m’est beaucoup répété ces temps ci que l’on ne récolte que ce que l’on sème . Quelle graine condamnable ai-je donc plantée pour que je récolte pareille expiation mais surtout pourquoi avoir si souvent frappé les miens , vierges d’erreurs , victimes collatérales d’un destin d’épreuves .
Il ne m’est pris que la vue . La fatalité avait mille autres sadismes dont me frapper mais pourquoi mes enfants ? Pourquoi m’avoir secourue au fond d’une embolie qui m’aurait libérée ?
Je ne crois pas au hasard . Tout est sens . Je le cherche onze ans après ta naissance et ta mort .
J’ai fouillé le Ciel , interrogé les esprits.
Je n’ai trouvé aucune définition verbeuse , aucune certitude théologique au cheminement vécu , aux étonnements spirituels . Juste des attitudes différentes , une force qui me dépasse et me surprend ,la capacité de vivre les petites joies et les bénédictions avec une intensité de condamnée , l’exigence de me pencher sur l’oreille des autres .

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L’enfer c’est de survivre à tout et tous .
Puisque tu es désormais le maître d’une étoile et que ta petite sœur règne sur la sienne propre , peut être peux tu intercéder pour ton grand frère , pour ceux qui forment aujourd’hui mon cercle fermé , ma garde rapprochée et prier dieu de les combler de ce bonheur dont on ne prend conscience que lorsqu’il nous est soustrait .
Que soient bénis mon aîné , mes amis et jusqu’à ton père . Intercède pour qu’il trouve enfin la paix et sois capable d’être heureux .
Je n’ai aucune demande particulière hormis celle d’être capable de reconnaître et d’accepter le véritable amour s’il se présente . Toi seul sait pourquoi je formule ce vœu 
Vole mon amour et attends moi . Je promets d’essayer de me rendre l’attente agréable

Maman

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