LesSilenCiel

10 décembre 2017

Illona

Il y a des fièvres dont l'âme ne guérit jamais .
Tu es cette blessure béante par laquelle s'engouffre le vent .
Celle des mots coincés dans la gorge , de l'aide que je ne demande pas alors que tout , oui , vraiment tout s'effondre autour de moi .
Aujourd'hui , si tu me lis ...................j'ai tant besoin de toi .
Putain , c'est grave ce que tu me manques .
Tu le sais toi que les grandes forces sont friables , ce que les sourires cachent de courage et de larmes . Tu le sais parce que tu es mon prolongement en Ciel .
Je te sens si vivante que parfois , je tends ma main dans l'espérance de te rencontrer par delà cette patience interminable qui m'est demandée et dont je suis lasse .
Oû que soit ton éternité et dans ton éternité , ma petite fille , je t'aime .

Maman

Vassillia Shagurin

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30 novembre 2017

Galway

Galway

Une plaine où gîtent des souffles contrariés ,
Qui soumettent les croix de hameaux millénaires ,
Un carré à fleur d'eau pour notre éternité ,
Où le ciel à genoux baise le front de mer .

On y entend le vent rugir au fond des âmes ,
dans des allées funestes ou l’herbe racornie ,
émaille le chagrin de petits bouts de femmes ,
de signes des vivants qui s'en dorment ici .

Un portail rongé par les années d’absence ,
Sur la mer sans ton , bée sur un grain colère ,
et le rythme dolent des eaux dans leur puissance ,
de ses ires démentes a défraîchi le fer.

J’irai , prenant ta main , au chevet de l’espace 
Quand le sécure dilué redevient l’inconnu 
j’irai à la plaie franche où se perdent nos traces 
humer à tes côtés l'Abscons et l'Absolu .

Vassillia Shagurin
Mercredi 29 Novembre 2017

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21 novembre 2017

Les chiens de l'Intuition

Je dédicace tout particulièrement ce poème à ma petite Mareva qui , comme moi , aime tant les loups <3.
Que ces chiens de l'Intuition , ces Messagers du Primaire , continuent de te guider en rêve , sur le chemin Sacré de la Vie .

 

Du givre , ce soir , a couvert la montagne 
Et sur ses chastes flancs j’ai vu marcher des loups ;
Des loups qui descendaient par une nuit profane ,
En procession altière , suivis par un vent fou .

Il me semble entendre les mas claquer des pierres 
Et derrière les volets frémir la flambée ;
La peur inavouée depuis des millénaires 
De l’augure des bêtes jaillies de la nuitée.

Quand soudain la vallée se déchire d’un cri ,
Répété par les hêtres à la combe gelée . 
Les cabanes se tassent et l’on y psalmodie ,
Suppliant le bon Dieu d’épargner le foyer .

Dans l’heure ineffable les sombres cavaliers 
D’une ombre redoutée car toute en sortilèges 
Frottent leur museau aux perrons des bergers ,
Tandis que les hameaux s’endorment sous la neige .

Un hurlement s’élève et se heurte à la lune 
Et d’autres lui répondent en un hymne exalté .
Il me plaisait de croire qu’à la noble tribune 
L’Alpha en pâtre sage emmenait ses croisés .

Une coulée de loups pissés des monts aimés 
Et forçant au silence et les feux et les hommes 
Dans l’ajour d’une enfance d’un siècle qui naît 
m’a à jamais liée à ces hérauts fantômes .

Vassillia Shagurin 
Mardi 21 Novembre 2017

loup

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Sublimer l'Absence

Sublimer l'Absence .

je me laisse couler dans l’aigu de la blessure 
Qui se referme accouchant d’un élan neuf ;
Et si je ne brûle plus 
L’attente du tout en l’autre s’est consumée .

La Rencontre avec Moi sur les cendres du choix 
Est une naissance qui m’appartient .
Les larmes m’ont lavée de l’illusion de l’homme
Et libérée de la moindre amertume .

Je vole et vois au-delà des chairs 
Plus loin que l’esprit qui réduit l’amour ,
La dimension divine de mes faits et pas .
Et ne demeure plus de toi que le meilleur .

Vassillia Shagurin
Illustration : la Montagne Noire par Balade Occitane à proximité du lac des Cammazes ( Tarn )

 

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19 novembre 2017

Puy-Brume

Puy-Brume

La montagne , en automne , habillée de mystère ,
Aux bouillons de brouillard qui chutent aux vallées 
Exhale des couleurs qui vont de jaune en vert ;
Un fard de mauve tendre posé sur ses sommets .

Des hêtres bras tendus fouillent des cieux de lait ,
Figés par de grands froids en un salut paien ,
mais quand s'en vient la nuit , pudeur délivrée ,
Leurs branches offertes en coupes célèbrent le Divin .

Ici en turgescence et ailleurs encaissée ,
Trouée de rus grondants à la course furieuse ,
Tantôt le galbe rond où de courbes aiguisées ,
Elle jette , au loin , l'écho à la gorge fougueuse .

Le vent , en chahuts fols , caresse les sapins ,
Et s'effrite en brumes sur des hameaux inquiets 
Tandis qu'un jour blet s'effondre au lointain 
Les Puy sombrent en magie jusqu'au prochain été.

Vassillia Shagurin 
Jeudi 09 Novembre 2017

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Dimanche 19 novembre 2017

 

Ma petite sorcière .

Je te regarde te perdre , gravir une à une les marches du Ciel , les paliers de l’amour , y croire et te désillusionner . Te jeter dans le vide et repartir encore en quête de ton impossible Graal .
Confusion , contusions ,qui est t’il , ma petite sorcière ? Quel est le monstre , le diable qui a écartelé ton ciel , débusqué ta foi , allumé des autodafés de tes croyances et de ta vertu ?
Qui est t’il ?
Tu me dis vouloir te coucher pour oublier l'abîme qui s'ouvre sous tes pas , l'âge qui éloigne l'idée sublime du bonheur , qui gomme les rêves de l'enfance .
Tu as , ces jours ci , la grâce des poupées disloquées et j'aimerai savoir les mots qui rachètent , réparent et font de nouveau croire .
Quitte le ...ouvre tes ailes ...
Ta vie n'est pas perdue ...elle piaffe devant la beauté du jour gestant .

Lettre d'O. à Vassillia
19 novembre 2016

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29 octobre 2017

Lettre d'O à Vassillia Samedi 28 octobre 2017

Ma petite sorcière

Ici , l’automne a définitivement pris ses quartiers , faisant rougir le flanc de la montagne pourtant , c’est dans la cime ocre des chemins que j’entends encore et toujours ton rire dévaler le bouillonnement des cieux.
Parlons en des cieux . Je les sens devenus orphelins .
Je t’écris alors même que j’entends ton âme de nouveau déchirée par l’épineuse question du bonheur .
Laisse moi te dire , comme autrefois, lorsque je buvais dans ton âme et que tu lisais dans la mienne , que tu ne peux vivre longtemps loin du ciel et que je t’attends sur son palier , à fleur de nuages , dans un couloir de vent , chez nous .
Tu me demandes ce qu’est le bonheur . 
Il est là et crépite dans son âtre , rongeant furieusement une bûche , et nimbant le séjour d’une ambiance chaude et or sous le regard de Polka mais aussi , plus loin , dans l’espièglerie de l’eau qui a parcouru des milles et encore , dans la pluie qui bénit la forêt et son peuple des âmes .
Depuis quelques jours , le vent gémit au soir , se demandant qui tu fuis dans tes voyages , tes expériences et tes folles ivresses .
Si ce n’est moi , pourquoi donc , toujours , l’encre des tempêtes ?
J’ai trouvé , parmi les virgules , ces fers à écarter les mots , une petite larme habillée de narquois qui se prenait pour une pause .
Ta fuite t’a menée là où le chemin s’arrête .
Pleure et je serais ton flanc , hurle à fendre ton armure .
Ma petite sorcière écrasée par l’ampleur de la Grâce , tu sais , évangéliser c’est Aimer et Aimer n’est pas seulement donner .
C’est aussi se laisser saisir par l’émoi d’un autre 
Ecoute cette petite voix étouffée à l’intérieur de toi et qui supplie enfin la tendresse .
A très bientôt , même si l’éternité devient longue .

OJ.

Illustration : La barque des amoureux de Natacha Mondon

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20 septembre 2017

Certains jours , il me vient l'envie d'un envol

Certains jours , il me vient l'envie d'un envol

Lorsque je serais lasse du gris de notre monde ,
n’y trouvant plus de Ciel pour porter mon exil ,
que les mots m’useront et qu’ivre de faconde ,
chaque heure aura en elle la mémoire de mon Il .

Lorsque mes ailes pleines de fange et de larmes 
peineront à l’Ether mener mes pauvres rêves ,
lorsque mon esprit las ne verra plus de charme 
dans l'affection des miens et l'aube qui se lève .

Si mon sourire un jour face au laid capitule 
et que mon âme enfin ici bas se résigne 
à une vie sans foi de serein ridicule 
à une vie sans joie aveugle de Ses signes .

Je te demande , ami , d’accepter mon envol 
Si jamais avant l'heure je rentre à la maison .

Vassillia Shagurin 
( A M. )
20 septembre 2016

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30 août 2017

Comptine de l'automne pour l'enfant qui dort au ciel

La pluie frappe au carreau sur le front de ma chambre 
à qui les feuilles mortes font des signes affolés ;
un petit monde étrange de hardes qui se tremblent 
 réclame en pleurant l’asile d’un foyer .

Sur les bras vigoureux des arbres centenaires ,
des écureuils inquiets s’affairent en couinant ;
leurs yeux roulant du ciel de couleur de colère 
à leur gîte apprêté jusqu'au prochain printemps .

Des gerbes de nuages s’assemblent en panache ,
et les chemins se vêtent d’un liseré de roux ,
les chênes résignés de leurs ors se détachent ,
l'automne est déjà là , emperlé de ses houx .

La montagne s’endort aux genoux des hameaux 
et ses hanches éteintes par un soleil fané
voit des coulées de bêtes descendre en troupeaux 
 et les naseaux des mas expirer leurs nuées .

Vassillia Shagurin 
Illustration : La Montagne Noire en automne

 

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29 août 2017

La dernière heure de la pauvresse

La dernière heure de la pauvresse

A l’angle de la tombe où dormira mon corps ,
le saint feu d’une lampe t’ouvrira le chemin ;
pavé d’étoiles amies et sous un sycomore 
en tenue des grands soirs je te tendrais la main .

Je tiendrais tout entier dans la flamme lascive 
au seuil du trépas qui te rendra à moi 
me dupliquant pour toi en mille éclats de vive ,
pour que tu n’ais pas peur quand tu t'endormiras .

Les astres en brillants te feront le cortège 
qu’ici bas la misère refusât à tes noces ;
l’âme vêtue de feu par un minuit de neige ,
ne tremble plus ma mie de l’idée de la fosse .

Deux branches de sapin pour apparier ta couche 
à mon grabat rendu à son dessein nuptial 
et reposer tes reins du servage farouche ;
un suaire de feuilles magnifiant ton front pâle .

Vassillia Shagurin

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