Et des gerbes d’ajoncs pour allumer le soir ,
des angles morts où gîtent les monstres de l’antan ,
et sur un banc de craie l’aïeule tout de noir 
 qui égrène des contes à son rouet filant .

Attentive à la toux du vieux poële d’acier 
 dont mes petons meurtris mendient la douce grâce 
bercée par les prières de la bûche rongée ,
le feu jetant ses ors sur les cuivres et les glaces .

Frileuse , j’imaginais derrière notre porte 
l’errance solitaire d’un loup luttant au froid 
qui sous mon édredon s’invitait à ma honte ,
à peur et charité , déchiquetant ma foi .

Il fallait disait t’il , le curé de sa chaire ,
savoir qu’ici bas tout est l’œuvre de Dieu !
Je pensais malgré moi aux bêtes pestifères
nées de l’esprit d’un Ciel pour une vie de gueux .

La neige qui grinçait , aux étoiles stoïques ,
mes hivers d’enfant blottie contre mon chien ,
cueillait l’aube de lait apaisant mes paniques 
qui s’en venaient buter à l’orée du matin .

Vassillia Shagurin

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