La dernière heure de la pauvresse

A l’angle de la tombe où dormira mon corps ,
le saint feu d’une lampe t’ouvrira le chemin ;
pavé d’étoiles amies et sous un sycomore 
en tenue des grands soirs je te tendrais la main .

Je tiendrais tout entier dans la flamme lascive 
au seuil du trépas qui te rendra à moi 
me dupliquant pour toi en mille éclats de vive ,
pour que tu n’ais pas peur quand tu t'endormiras .

Les astres en brillants te feront le cortège 
qu’ici bas la misère refusât à tes noces ;
l’âme vêtue de feu par un minuit de neige ,
ne tremble plus ma mie de l’idée de la fosse .

Deux branches de sapin pour apparier ta couche 
à mon grabat rendu à son dessein nuptial 
et reposer tes reins du servage farouche ;
un suaire de feuilles magnifiant ton front pâle .

Vassillia Shagurin

gisante